La guerre du feux – Jean-Jacques Annaud

La guerre du  feux

Un film produit en 1980 mais qui n’a pas perdu de sa qualité.
C’est intéressant de lire dans Wikipédia la polémique à l’époque concernant ce film

La question du réalisme

La promotion du film mit en avant qu’aucune des situations et choix de la mise en scène n’était contraire aux connaissances scientifiques de l’époque. Toutefois de nombreux points sont en désaccord, parfois profond, avec les données disponibles au moment de la réalisation du film.

L’action est située il y a 80 000 ans et associe des types humains à des degrés d’évolution très différents, dans des forêts caducifoliées évoquant l’Europe. Les Ulam (Oulhamr dans le roman original de J-H Rosny Aîné) et les Kzamm présentent des traits anatomiques évoquant les Néandertaliens et les Ivaka évoquent des Hommes anatomiquement modernes (Homo sapiens). Il y a là un premier anachronisme, accentué par la présence d’un autre type humain plus archaïque (Wagabou, Homo erectus).
L’importance du feu comme agent de survie du groupe, censé protéger du froid et éloigner les bêtes féroces, relève plus du cliché et de l’imagination conditionnée que de la réalité préhistorique : le genre Homo est apparu il y a plus de 3 Ma et ses représentants ont survécu sans feu jusqu’à – 400 000 ans en Europe. L’étape de connaissance du feu sans maîtrise de sa production est théorique et peu probable dans la mesure où les techniques de production de feu par percussion ou par friction sont extrêmement simples et compatibles avec les connaissances techniques dont témoignent les outils de pierre.
Certains prétendent que la notion même de guerre est un anachronisme pour le Paléolithique1. L’objet de cette guerre la rend d’autant plus improbable que le feu peut aisément être partagé.
L’image associée aux humains dans le film est celle d’une animalité grossière, sans commune mesure avec l’image que nous renvoient les productions matérielles et les réalisations attestées des groupes humains d’il y a 80 000 ans : démarche et gestuelle simiesque (la bipédie a plus de 3 millions d’années !), absence d’attention pour les morts (les premières sépultures ont 100 000 ans), outillage lithique quasiment inexistant, réflexes animaux (les héros bavent en voyant passer le gibier au loin).
Paradoxalement, l’une des rares tentatives d’humanisation des Ulam, le dégoût vis-à-vis de l’anthropophagie, est encore un échec puisque celle-ci est attestée tout au long du Paléolithique et au-delà, même si sa pratique n’était peut-être pas généralisée.
Les Ivaka utilisent le propulseur, qui n’est attesté que depuis le Solutréen (-22 000/-17 000 ans).
Enfin, les éléments concernant les relations sociales et la domination masculine brutale ne sont évidemment appuyés par aucun argument scientifique.

Si la Guerre du feu a amené le grand public à s’intéresser à la Préhistoire, il a également contribué à perpétuer de nombreux clichés infondés ainsi qu’une image peu avantageuse des groupes humains préhistoriques, encore ancrés dans une forme de pré-humanité bestiale. Certaines des grandes étapes de l’évolution humaine sont ramenées à l’échelle chronologique d’un groupe d’individus : découverte de la cuisson de la viande par un morceau de viande oublié dans les cendres toute une nuit ; découverte de l’exogamie lorsqu’un protagoniste est fait prisonnier pour féconder les femmes d’un clan ; « découverte » de la position face-à-face pendant l’acte sexuel ; développement de l’humour (les deux épisodes du caillou reçu sur la tête) ; refus du cannibalisme ; découverte de la médecine (avec une mixture d’herbes) ; problématique de la transmission ou de la production du feu, etc. Si ce procédé de condensation de faits qui ont abouti à des découvertes majeures pour l’évolution de l’homme est un classique de la fiction préhistorique2, il reste très éloigné de la réalité perçue à travers les connaissances scientifiques actuelles. La plupart des processus en question sont graduels et beaucoup plus complexes.

Il convient donc de rappeler que la Guerre du feu est une œuvre de fiction qui ne devrait pas être utilisée dans le cadre de la vulgarisation scientifique ou de l’enseignement, même s’il est classique de condenser et romancer des faits pour les rendre compréhensibles

Synopsis

A l’époque de l’âge de pierre, trois guerriers d’une tribu d’homo sapiens partent à la recherche du feu, élément magique vénéré mais redouté, objet de convoitises et de luttes pour la survie de l’espèce.
La Guerre du feu est aussi l’histoire d’un homme freiné dans sa volonté de pourvoir à la survie des siens par un ennemi intérieur qui se nomme l’amour. Il passe des rapports de dominance à un rapport émotionnel.

Bande annonce

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